« Des jeunes plus tolérants, plus solidaires qu'il y a dix ans, mais moins respectueux de la loi. Tel est le constat d'une enquête réalisée par le ministère de l'éducation nationale auprès de 30 000 élèves de CM2 (11 ans en moyenne) et de troisième (15 ans), qui rend compte de l'évolution des attitudes des jeunes à l'égard de "la vie en société" et de ses règles entre 1994 et 2005. L'étude dresse le portrait d'une génération 2005 très sensible à la lutte contre les discriminations, à l'écologie ou à la liberté d'expression, mais qui n'hésite pas à "prendre plus de libertés" avec la loi et la règle que ses prédécesseurs de 1994.
De manière globale, les premiers éléments de l'enquête (...) démentent l'idée d'une jeunesse sans valeurs et montrent des élèves "beaucoup plus raisonnables et rationnels qu'on ne veut bien le dire", selon le commentaire des responsables de l'étude.
(...) Les statisticiens de l'éducation nationale (...) ont interrogé les élèves de manière très concrète (au total, 89 questions pour les CM2, 131 pour les 3es). Ils ont comparé les réponses, anonymes, avec une enquête équivalente conduite en 1994.
Les élèves devaient donner leur avis ("normal", "pas très normal mais pas grave" ou "inacceptable", par exemple) sur des affirmations, dont une partie pouvaient paraître provocantes : "Certains pensent que les femmes doivent obéir aux hommes" ; "Certains disent qu'il n'y a que les Blancs qui peuvent être français" ; "Est-ce grave de télécharger de la musique ou des films illégalement sur Internet ?" ; "Il arrive que certains se marient avec quelqu'un qui n'a pas la même couleur de peau ou la même religion", etc.
(...) Sur la plupart des thématiques, les jeunes de 2005 répondent de la même façon quelle que soit leur origine : "On ne constate pas de différences notables entre les élèves de zones d'éducation prioritaire et ceux des autres établissements", souligne notamment la DEPP, réfutant ainsi l'idée d'une césure entre jeunes des quartiers populaires et jeunes plus privilégiés. En ce qui concerne le rapport à la loi, les collégiens de ZEP apparaissent même légèrement plus respectueux que leurs camarades.
(...) L'évolution la plus notable concerne le rapport aux règles avec des élèves qui "semblent user d'un libre arbitre assez prononcé". Ainsi, à l'affirmation "Il faut obéir aux lois seulement si on est d'accord avec elles", les écoliers étaient 58,1 % à considérer l'idée "inacceptable" en 1995 ; ils ne sont plus que 38,6 % en 2005. L'évolution est similaire pour les collégiens.
Les auteurs de l'étude soulignent également une "importante régression des attitudes dans le domaine vie scolaire", en particulier des plus jeunes, moins critiques à l'idée de mentir aux professeurs ou de copier lors des contrôles.
La publication de l'étude intervient alors que le gouvernement a introduit au collège, depuis la rentrée, une "note de vie scolaire" destinée à mesurer l'assiduité, le respect du règlement intérieur et la participation à la vie de l'établissement.
Le ministère de l'éducation nationale y voit un moyen de favoriser l'apprentissage de la "civilité" par les élèves. Les syndicats d'enseignants jugent la mesure "rétrograde" et estiment qu'elle constitue une "double peine" pour les élèves déjà sanctionnés dans les classes.
Extrait de l'article de Luc Bronner, paru dans le Monde du 15.09.06
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De manière globale, les premiers éléments de l'enquête (...) démentent l'idée d'une jeunesse sans valeurs et montrent des élèves "beaucoup plus raisonnables et rationnels qu'on ne veut bien le dire", selon le commentaire des responsables de l'étude.
(...) Les statisticiens de l'éducation nationale (...) ont interrogé les élèves de manière très concrète (au total, 89 questions pour les CM2, 131 pour les 3es). Ils ont comparé les réponses, anonymes, avec une enquête équivalente conduite en 1994.
Les élèves devaient donner leur avis ("normal", "pas très normal mais pas grave" ou "inacceptable", par exemple) sur des affirmations, dont une partie pouvaient paraître provocantes : "Certains pensent que les femmes doivent obéir aux hommes" ; "Certains disent qu'il n'y a que les Blancs qui peuvent être français" ; "Est-ce grave de télécharger de la musique ou des films illégalement sur Internet ?" ; "Il arrive que certains se marient avec quelqu'un qui n'a pas la même couleur de peau ou la même religion", etc.
(...) Sur la plupart des thématiques, les jeunes de 2005 répondent de la même façon quelle que soit leur origine : "On ne constate pas de différences notables entre les élèves de zones d'éducation prioritaire et ceux des autres établissements", souligne notamment la DEPP, réfutant ainsi l'idée d'une césure entre jeunes des quartiers populaires et jeunes plus privilégiés. En ce qui concerne le rapport à la loi, les collégiens de ZEP apparaissent même légèrement plus respectueux que leurs camarades.
(...) L'évolution la plus notable concerne le rapport aux règles avec des élèves qui "semblent user d'un libre arbitre assez prononcé". Ainsi, à l'affirmation "Il faut obéir aux lois seulement si on est d'accord avec elles", les écoliers étaient 58,1 % à considérer l'idée "inacceptable" en 1995 ; ils ne sont plus que 38,6 % en 2005. L'évolution est similaire pour les collégiens.
Les auteurs de l'étude soulignent également une "importante régression des attitudes dans le domaine vie scolaire", en particulier des plus jeunes, moins critiques à l'idée de mentir aux professeurs ou de copier lors des contrôles.
La publication de l'étude intervient alors que le gouvernement a introduit au collège, depuis la rentrée, une "note de vie scolaire" destinée à mesurer l'assiduité, le respect du règlement intérieur et la participation à la vie de l'établissement.
Le ministère de l'éducation nationale y voit un moyen de favoriser l'apprentissage de la "civilité" par les élèves. Les syndicats d'enseignants jugent la mesure "rétrograde" et estiment qu'elle constitue une "double peine" pour les élèves déjà sanctionnés dans les classes.
Extrait de l'article de Luc Bronner, paru dans le Monde du 15.09.06
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